POUGUES LES EAUX - PARC SAINT-LEGER - FIN DE SIECLE

 

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On aperçoit, derrière, l’île de Xavier Veilhan, celle-ci reprend sans doute le principe des chalets-abris flottants du début du siècle, refuges supposés des quelques cygnes d’alors.
Il est également permis de penser que l’artiste, au travers des éléments présents sur l’îles, a souhaité évoquer certains aspects de la Nièvre : griffon, charolais, vespa produite à Fourchambault, sans oublier la filière bois…
 

VERS UN AUTRE CRÉDIT ET DE NOUVELLES PERSPECTIVES ? 

L’académisme de la peinture classique est un académisme du « signifiant ». D’ordinaire, les portraits, paysages, scènes diverses... sont traités de la façon la plus réaliste possible, en respectant les conventions, les acquis et la tradition. L’évolution dans la manière et dans la perception des choses paraît lente et sans rupture.

Au contraire, avec l’art moderne apparaissent de nombreux mouvements, parfois brefs, parfois en opposition, qui remettent en cause les règles et bouleversent les habitudes. Par ailleurs, la vulgarisation simultanée de la photographie accentue encore davantage la remise en question de la représentation figurative, puisqu’à travers ce moyen mécanique celle-ci devient presque parfaite et, surtout, à la portée de tous.

Dans l’art contemporain ou reconnu comme tel, l’académisme du « signifiant » disparaît au profit d’un académisme de substitution, le « signifié ». Au réalisme du sujet de la peinture classique qui respecte les formes, l’expression contemporaine oppose en quelque sorte l’abstraction et l’hermétisme de son langage. L’objectif avoué de l’art contemporain est d’innover dans la plus totale liberté. Pour conserver sa raison d’être, la « peinture » d’avant-garde doit constamment se renouveler en créant de multiples formes d’expression et d’expérimentation, qui parfois même en arrivent à n’avoir plus aucun rapport avec des considérations d’ordre esthétique. De cette manière, la représentation de l’image et sa signification se sont trouvées progressivement mises à l’écart par la plupart des mouvements actuels, reconnus et généralement aidés donc, considérés comme officiels.
En montrant depuis plusieurs années qu'il a parfaitement assimilé les préceptes du duo Duchamp - Malévitch, il semble désormais acquis que l’art ne peut plus être d’avant-garde seulement en remplaçant le sens intrinsèque - visuel - de l’oeuvre par l'unique valeur des mots et des explications.

Désormais et pour s’inscrire dans la logique de l’histoire de l’art où rien n’est jamais définitivement arrêté, il est sûrement possible de concevoir dans un avenir plus ou moins proche que la peinture retrouvera crédit auprès de la critique et des pouvoirs publics. Alors, au contraire de ce qui se passe aujourd'hui, la démarche créative ne sera pas purement intellectuelle ou conceptuelle avec comme but l’ignorance presque systématique de cette peinture, mais pourra devenir une synthèse de la représentativité avec sa propre modernité, sans oublier le durable pouvoir de communication de l’image.

Aussi après un XXème siècle d’art moderne avec ses tendances diverses, qui ont exploré toutes les formes d’expression, y compris les plus extrêmes , un retour vers un art réhabilitant des procédés conventionnels ouvrirait paradoxalement de nouvelles perspectives. En tout état de cause, cet art contemporain qui ne négligerait plus la systématiquement la lisibilité de la peinture serait déjà le signe d’une plus grande objectivité, d'une plus grande démocratie de la part des institutions.
 


LA PEINTURE ACADEMIQUE 

Dans les encyclopédies d'art et jusqu'après l'ouverture du Musée d'Orsay, les chapitres réservés à la peinture académique sont étrangement sous-représentés ou même carrément absents. Leurs auteurs, lorsqu'ils parlent de la seconde moitié du XIXème siècle, ne considèrent que l'art romantique et réaliste, Manet et les impressionnistes. Ceux qui, hier et de leur vivant, ont été reconnus et adulés ont purement et simplement été rayés des cadres de l'histoire de l'art.
La caractéristique de l'art académique réside à la fois dans le fini des éléments peints très figuratifs et dans leur précision, cette conception se trouve à l'opposé de la théorie moderne où tout tend à s'abstraire et à se suggérer avec une finition souvent très secondaire. Cette conception est encore associée par dérision à un simple artisanat habile, soi-disant signe d'un manque de talent et d'originalité.
La peinture académique, émanation directe des règles strictes du classicisme et du néoclassicisme, constitue en quelque sorte l'antithèse exacte de l'art contemporain mais avec toutefois un point commun de taille :
- celui d'être ou d'avoir été soutenu par des instances officielles.
Et une différence d'importance :
- l'adhésion du public d'alors pour la peinture académique mais le rejet ou l'ignorance de l'art contemporain par le public d'aujourd'hui. 

Le parallèle entre la situation des artistes officiels d'aujourd'hui, c'est-à-dire les "conceptuels-minimalistes", avec ceux du Second Empire et de la Troisième République, les "pompiers ou académiciens", est devenu incontestable et l'on peut parfaitement penser que cet "art contemporain", à l'image de l'art académique, connaîtra lui aussi un inévitable discrédit.
Par ailleurs, le dénigrement souvent entretenu de l'art académique et ses spécificités comme le métier, la tradition, la figuration extrême, servent de repoussoir et d'alibi à l'innovation pour l'innovation. Pour certains, il représente uniquement l'art de la bourgeoisie conservatrice, hostile à toute forme de changement ; mais on pourrait tout autant, voire davantage puisque peu populaire, qualifier l'art contemporain d'également très bourgeois.
A ce titre, la collection de l'homme d'affaires François Pinault, avec les oeuvres des derniers artistes à la mode comme Jeff Koons ou encore Damien Hirst, et composée surtout d'artistes américains minimalistes et conceptuels, ne synthétise-t-elle pas, à la caricature, le type même de la collection du bourgeois bien arrivé et pour le moins sous influence ? 

http://verat.pagesperso-orange.fr/la_peinture/art_academique.htm

William Godward, Emile Vernon, Charles Lenoir & Philip Hermogenes Calderon, A Woodland Nymph 1883

Max Nonnenbruch - Jules Lefebvre


Pougues-Journal, dimanche 21 juin 1896 – extraits : Echos mondains

- Relevé parmi les nominations au grade de chevalier de la Légion d’honneur : Monsieur Werth, directeur des usines de Fourchambault, nous lui adressons nos plus sincères félicitations.
- On annonce le prochain mariage à Paris du peintre William Bouguereau, membre de l’Institut, Commandeur de la Légion d’honneur, avec Mlle Jane-Elisabeth Gardner.
- Remarqué parmi les personnalités descendues au Splendid Hôtel, Monsieur Léon Bertrand, l’aimable et sympathique fermier du casino de Biarritz, venu à Pougues pour rétablir une santé ébranlée par ses très nombreuses occupations.
- Monsieur de Saint-Halary, le sportman bien connu, a demandé une rétractation d’article le concernant ou une réparation par les armes. Les adversaires se sont fendus et atteints simultanément. Mr de Saint-Halary a reçu une blessure intéressant le sternum et Mr de Saint-Valéry une blessure plus grave à la poitrine. Toutefois, les médecins jugent qu’elle ne sera pas mortelle.
 

Un livre avec reproductions en couleur sur le sujet est disponible :
FIN DE SIECLE - TURN OF CENTURY, 50 euros, contact : Marc-Verat@wanadoo.fr


 

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