POUGUES LES EAUX - PARC SAINT-LEGER

 

FIN DE SIECLE - LES ELEGANTES

 

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Oeuvres achetées par l'Etat ; intitulé :
Direction des Beaux-Arts. Ouvrages commandés ou acquis par le Service des Beaux-Arts.
Des centaines de tableaux que l'on qualifie généralement d'académiques, à partir de la seconde moitié du XIXème et durant près d'un siècle, ont été acquis par l'Etat français.
Parmi ceux-ci et selon la mode du moment, un bon nombre représente ce qu'il est convenu d'appeler, dans toute la richesse de leurs diversités, des nus.
Quelques-uns sont encore visibles à Orsay, d'autres dans les musées de province. On peut également penser qu'une partie des peintures a servi d'élément de décor aux préfectures, aux ministères, sans oublier les logements de hauts fonctionnaires. Mais ensuite, quand la tendance devint à proprement parler au "Moderne", que sont-ils devenus ?
Pour la conservation des musées : un simple numéro sur une fiche plus ou moins détaillée, un document photographique - à la localisation parfois inconnue - selon le terme laconique de l'administration. La mode puisant pour une part sa source dans l'inspiration du passé et rien n'étant jamais définitivement arrêté, certains de ces nus commencent désormais à réapparaître en bonne place - entre les impressionnistes et les modernes - sur les cimaises des particuliers et des musées.
 

La mode
Durant le XIXème siècle, la mode féminine évolue lentement vers plus de simplicité.
Sortir ou recevoir les bras nus reste inconvenant. De la jambe, on ne doit apercevoir que le bout du pied. La cambrure des reins est toujours mise en valeur par le corset et, avec le concours de drapés savants, par la « tournure ». Vers 1890, la tournure large disparaît, au profit d’un petit coussin placé en haut des reins : le Cul de Paris. Le corsage, cintré avec profusion de boutons dans le dos, se termine généralement par d’étroites manches qui s’évasent en dentelles aux poignets et se froncent aux épaules. Le décolleté peut être marqué.
 

La Belle Epoque :
- C'est le triomphe de la Troisième République, l'année de l'exposition universelle, de l'architecture métallique, de la fée électricité, du métro, du style nouille inimitable et de l'Ecole de Nancy, du journal à un sou, de la rente à 3%...
- C'est aussi l'affaire Dreyfus, Ravachol et les anarchistes, des hommes et des femmes qui vivent sans avoir connu un seul jour de vacances.
- C’est l’époque des biches, des cocottes, des horizontales et des petites femmes. Si l’aristocratie affiche généralement une large tolérance en matière de fidélité conjugale, la bourgeoisie tient quant à elle à la sauvegarde des apparences. Les hommes prennent donc soin de dissimuler leurs débordements et la galanterie tarifée connaît ses beaux jours. Pour les jeunes ouvrières réduites à des salaires de misère, la générosité de quelques entreteneurs constitue un appréciable complément de ressources.
Des maisons de tolérance parisienne, comme le « Chabanais ou le « One-Two-Two », comptent d’ailleurs parmi leurs habitués de hautes personnalités.
 

Le Casino fut inauguré avec faste le 27 juillet 1863

Monsieur F. de Castanié, présent, relate : « Un splendide Casino s’est élevé à Pougues et, à la tête d’un délicieux orchestre, Hurand et Michiels, artistes du Théâtre Italien, y donnèrent de charmants bals et de brillants concerts. Le programme de la soirée comprend, bien entendu, des feux d’artifice et des illuminations. Cette inauguration a été brillante. La grande salle était étincelante de l’éclat des bougies et des toilettes de bal dans lesquelles les dames avaient voulu se montrer… »
 


Entre femmes, la grande question mais aussi la grande injustice restera toujours celle du physique et de l'âge.
Avoir une plastique avantageuse constitue forcément un plus incontestable et le peintre ou le photographe académique, dans le choix de son modèle, ne fait que confirmer cette réalité. Heureusement, l'éventail du goût demeure large et nul besoin d'être un "top-modèle" pour plaire.

De tout temps l'homme a aimé contempler un joli corps de femme, avec ou sans artifices.
Quoi de plus naturel en somme que de se le représenter en peinture et l'artiste du XIXème siècle s'impose comme un incontestable spécialiste du genre.
Mais le peintre aura toujours l'avantage sur le photographe de pouvoir regarder deux fois son modèle, de l'observer en nature et en train de se faire. Une autre grande différence, en dehors bien entendu de la simple retouche, le peintre en fonction de son adresse pourra idéaliser sans réserve son sujet avec toute la fantaisie qu'il souhaite.

Comme par le passé, au XIXème siècle l'image de la femme est essentiellement un produit masculin. La grande majorité des modèles sont dessinés, peints ou photographiés par des hommes qui appliquent leur vision, déjà en choisissant la pose de celui-ci, ensuite en déterminant sa situation, c'est-à-dire le sujet.
Les images de la femme sont souvent séduisantes et la plastique du corps avantageuse, toujours pâle, avec des formes plutôt généreuses, le ventre plat n'est pas encore d'actualité et les hanches sont marquées.
Durant ce siècle l'artiste a joué avec cette image de multiples façons, et en particulier avec celle du corps nu de sa compagne qui a véritablement servi de reflet à l'esprit occidental masculin, celui des artistes comme celui des amateurs de peintures ou, plus simplement, de belles filles.
Cette représentation du corps féminin ne coïncide pas forcément avec la femme réelle ; idéalisée elle devient autant d'allégories sous forme de déesses, de nymphes et d'ondines.
L'idéalisation de la femme par les néo-classiques, par exemple, en fait un faire-valoir du héros, figure centrale et souvent acteur principal des tableaux ; Pénélope attend au foyer et la Belle Hélène prépare le "repos du guerrier".
Dans la peinture académique la fantaisie est tout autant présente et revêt parfois des aspects inattendus. Chez Bouguereau ne trouve-t-on pas un satyre velu et inquiet, aux pieds de bouc et aux oreilles taillées en pointe, poussé malicieusement vers un étang par de gracieuses nymphes, plus joyeuses qu'effarouchées et ayant visiblement très envie de batifoler.
Ensuite et par à-coups, l'image de la femme représentera moins une idée allégorique et davantage une femme réelle, sa personnalité propre prendra de l'essor et gagnera en naturel, notamment avec les impressionnistes Renoir et Degas.
Néanmoins les retours sur la mythologie classique resteront encore les passages recommandés, jusqu'au milieu du siècle suivant, des étudiants des Beaux-Arts préparant leurs "humanités".
 

Alphonse Mucha, Lawrence Alma Tadema, Frederic Leighton, Conrad Kiesel, Dante Rossetti, William Godward, William Bouguereau, Paul Peel, Alfred Siefert

Gentilhommière et Centre d'art

Jules-Frédéric Ballavoine

EPILOGUE

Bien qu'elles ne le reconnaissent qu'à demi-mot, depuis tous temps un rôle naturel et particulier est dévolu aux femmes : faire des enfants, tenir la maison mais aussi plaire aux hommes.
En fonction des époques la mode change et la place de la femme dans la société revêt plus ou moins d'importance. Par exemple au Moyen Age, celle-ci a pu tenir des  fonctions d'ordinaire dévolues aux hommes, quelques-unes dirigent même des Etats. Leur condition aura ensuite généralement tendance à se détériorer pour atteindre sans doute un sommet vers la fin du XIXème siècle où elles seront considérées comme mineures - civilement.
L'amorce de l'émancipation ne viendra que dans les années-vingt du siècle suivant, confirmée par le droit de vote obtenu après-guerre et le libre usage ensuite de la contraception.
La femme désormais s'est affranchie mais pour notre plus grand plaisir elle reste encore le modèle patient et attentif du peintre, du photographe, en un mot, de l'artiste...

Le Parc thermal, fin de siècle, cliquez !

Shown in this post are digital compositions by French artist Marc Verat. He uses female subjects from famous classic paintings and lets them inhabit the wonderful Parc Saint-Leger in Pougues les Eaux in central France (Google map). The main image above is based on a relatively rare Bouguereau painting, La perle (The Pearl, 1894). Below you can view the full series of Remastered Bouguereaus featuring on Verat’s website. Click each to visit the galleries where you will find many more contemporary variations on Bouguereau’s original artworks.

http://www.bouguereau.net/bouguereaus-beauties-become-nubile-nymphs/


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