FIN DE SIECLE, les Donneuses d'eau

 

POUGUES LES EAUX - FIN DE SIECLE

Oublié hier, mis en lumière aujourd’hui, l’histoire de l’art ne reflète jamais que le goût contemporain

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Conseil Général de la Nièvre - Espace Exposition

 

LES NYMPHES DU PARC SAINT-LEGER

 

 

 

 

 

 

Le Pavillon des Sources, belle verrière à ossature métallique bleu-ciel, comme on les aimait au début du siècle dernier, forme un bel espace ouvert à la lumière qui accueille des manifestations variées.
Non loin, presqu’à côté, le bâtiment plus austère de l’usine d’embouteillage, d’une construction plus ancienne, abrite un Centre d’Art Contemporain. Le contraste est saisissant ; ici, l’espace reste fermé, replié sur lui-même, sans lien avec la Commune et ses habitants.

Le site du parc Saint-Léger et les peintures appartiennent à la même époque et leurs auteurs sont tombés dans l'oubli.
Vlaho Bukovac, Young Patrician Lady - Jules Lefebvre, Young Woman with Morning Glories, vers 1890

Outre un panorama photographique du Parc Saint-Léger de Pougues-les-Eaux, les "images" des pages qui suivent ont été composées à partir des peintures "fin de siècle" de peintres académiques, aujourd'hui encore déconsidérés et souvent tombés dans l'anonymat. On aperçoit sur quelques compositions l'île du plasticien contemporain Xavier Veilhan, plutôt bien intégrée au site, et propriété du département de la Nièvre. Le Parc Saint-Léger abrite également un Centre d'Art Contemporain dans l'ancienne usine d'embouteillage des eaux de source ainsi qu'un Casino.
 

C'est d'ici, sous la verrière du Pavillon des Sources, près des deux fontaines roses, qu'opéraient les Donneuses d'eau.
Toutes, n'étaient pas aussi jolies que Charlotte, peinte en 1908 par William Godward, dans son seyant sarrau à l'antique couleur safran.
Toutes, n'étaient pas non plus aussi dévêtues que le charmant modèle, perché sur son tabouret, représenté par luis Falero.
Mais les Donneuses d'eau se devaient toujours d'être aimables et souriantes avec les curistes.
Pleines d'attention, elles offraient aux visiteurs de passage un gobelet ou une coupe d'eau curative et bienfaisante.

Protocole
Tout baigneur qui désirait suivre un traitement devait en faire la déclaration au bureau de l'administration. Une carte d'abonnement à la buvette lui était alors délivrée. Cette carte numérotée lui donnait également droit à l'accès au parc de l'établissement et à la circulation dans toutes les propriétés de la Compagnie. Chaque carte était accompagnée d'un verre en cristal de Baccarat gradué en grammes. Ce verre, déposé à la buvette, permettait au buveur, contre la présentation de sa carte et le dépôt d'un ticket, d'aller boire facilement à toute heure.
Le verre, sur lequel les donneuses d'eau marquaient le numéro de la carte, était conservé par le baigneur après sa cure.
 

26 août 1632 : édit du roi Louis XIII
"Par ordre du Roy, commandons à Bouvard, surintendant général des Eaux minérales de France, de faire transporter les Eaux de la source Saint-Léger en bouteilles cachetées de cire rouge, afin que ces Eaux estant portées fidèlement, les malades puissent jouir des dons et grâces espéciales que Dieu leur a desparties."
26 février 1745 : arrêt du Conseil du Roi Louis XV
"Le transport des Eaux de la source Saint-Léger doit se faire dans des bouteilles de verre, double de pinte, mesure de Paris. Les bouteilles coéffées, bien ficelées, sont cachetées des armes du Roi et du cachet ordinaire du médecin intendant."Aux expositions universelles de 1878 et 1889

L'eau de source Saint-Léger de Pougues-les-Eaux sera la seule et unique classée hors concours. cf/ F.Cario

Pougues, Parc Saint-Léger, Jeune buveuse d'eau, près du Lac aux cygnes, avec son verre en cristal de Baccarat toujours finement ciselé et tenu avec la délicatesse nécessaire.
La coupe était généralement conservée et trônait ensuite en bonne place parmi les souvenirs.

Falero et le Centre d'art

La gentilhommière du Parc Saint-Léger

La gentilhommière du parc Saint-léger accueille en résidence de jeunes artistes de tout pays, mais leurs créations - ou plutôt leurs « pièces » pour reprendre un vocable plus à la mode - doivent impérativement s’inscrire dans un esprit conceptuel et minimaliste.
"La résidence est un pôle structurant au centre d’art, elle en constitue sa singularité et sa force. Pour quelques semaines ou quelques mois, les artistes viennent pour expérimenter, produire une pièce ou préparer une exposition. La résidence est un formidable outil d’intégration de la création artistique sur un territoire et doit se concevoir comme un moment vivant, habité, qui multiplie les occasions d’échanges fructueux, à la fois pour les artistes et pour le public.
NB : Le Centre d’art n’accepte pas de demandes de résidence en candidat libre, les résidences se font dans le cadre d’une invitation."

Depuis octobre 2007, le Centre d’art propose deux fois par an des résidences de trois mois dédiées à la jeune création.
Le Parc Saint-Léger souhaite repérer, soutenir, produire et diffuser les pratiques émergentes françaises et européennes. En s’engageant dans la production mais également en favorisant un accès aux réseaux nationaux et internationaux, le Centre d’art entend mettre à disposition des jeunes artistes des moyens techniques et humains opérants et demeurer attentif à la singularité de leurs démarches.

LA GRANDE OURSE
La Grande Ourse est un projet de résidence de recherche élaboré conjointement par trois Écoles Nationales Supérieures d'Art ( Bourges, Cergy, Dijon ), le Centre International du Graphisme de Chaumont, avant les murs, et le Parc Saint-Léger. Pendant trois mois, de janvier à mars 2012, trois jeunes artistes issus des écoles partenaires, un théoricien et un graphiste émergents seront sélectionnés pour une résidence de recherche, de débats, de création et de collaboration sur le site du Centre d'art du Parc Saint-Léger. Par ce biais, La Grande Ourse souhaite renforcer l'interaction entre recherche plastique, théorique et graphique. Pensée sur un mode expérimental, son ambition est de créer les conditions de développement d'axes de recherches personnelles dans un environnement collaboratif.
Fucking Good Art
Derrière ce nom un brin provocateur se cachent deux artistes néerlandais, Rob Hamlijnck et Niencke Terpsma. Le premier est un artiste plasticien conceptuel utilisant l’écrit et le langage comme vocabulaire formel. La seconde est graphiste et photographe et intègre son travail alimentaire de graphiste dans une pratique artistique sur le milieu de l’art et ses codes.
 

 Pierre-Auguste Cot

La montée aux tilleuls qui mène à Bellevue, mais ici plus de café-terrasse... Il ne reste désormais qu'un vestige rouillé d'ossature métallique avec, éparpillés en contrebas, quelques morceaux de balustres.
« Nulle part en France, jusqu’à ce jour, on ne s’était comme ici à Pougues préoccupé d’organiser la technique de la marche de façon à ce que le malade puisse, en se promenant, faire de la thérapeutique et de la gymnastique pulmonaire, cardiaque, comme Monsieur Jourdain, sans le savoir. Grâce à Pougues-Bellevue, la cure est ici organisée. »
Extrait de la conférence du professeur Landouzy (Reims 1848 - Paris 1917), Membre de l'Académie de médecine et des sciences, Commandeur de la Légion d'honneur.
Le professeur Landouzy est à l'initiative d'une tournée dans les villes d'eau. Au cours de ces voyages, qui ont été suivis par de nombreux médecins, le professeur a su mettre en relief les puissantes qualités de nos eaux et appeler sur elles l'attention.
 

Madeleine Lemaire

La peinture académique peut être rapprochée au mobilier de style Henri II. A savoir : Présente dans de nombreuses familles bourgeoises Fin de siècle - Pour les plus aisées sous forme de tableau "petit-maître", pour les autres sous l’aspect d’une reproduction plus ou moins luxueuse de la Maison Goupil et Cie. La Naissance de Vénus, version Cabanel ou Bouguereau, tient une place de choix dans le goût d’alors.
Aujourd’hui, le buffet Henri II et son complément, même bradé, ne trouve guère preneurs et les reproductions de la Maison Goupil ne se vendent plus qu’au prix du cadre…
Néanmoins, les "petits-maîtres pompiers", se sont incontestablement revalorisés, quant aux "grands", les Bouguereau, Gérôme, Lefebvre…, ils ne sont plus sur le marché de l’art, vendus de leur vivant, ils appartiennent très souvent aux collectionneurs et institutions d’outre-Atlantique.
 

Raimundo de Madrazo et Paul-François Quinsac devant le Pavillon des Sources 1907

Byam Shaw 1914 et Charles-Amable Lenoir

Aline, la jeune donneuse d'eau pose devant les deux fontaines roses en forme de coquetier et devant la balustrade permettant de poser les gobelets. La couleur, en harmonie avec sa chevelure rousse, provient de la forte teneur en fer. La porte à double battants du fond donnait, autrefois, accès après la courte perspective des marronniers au Splendid hôtel.
Les Donneuses d'eau se devaient toujours d'être aimables et souriantes avec les curistes.
Pleines d'attention, elles offraient aux visiteurs de passage un gobelet ou une coupe d'eau curative et bienfaisante. Elles proposaient aussi lecture et autres distractions...
 

Eugène Deully et Gaston Bussière

Un livre avec reproductions en couleur sur le sujet est disponible :
FIN DE SIECLE - TURN OF CENTURY, 50 euros, contact : Marc-Verat@wanadoo.fr

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